Une date, plusieurs générations de frappes
1 ducat or : pourquoi lit-on encore 1915 ?
Ce portrait de François-Joseph et cet aigle impérial existent sur des pièces fabriquées bien après 1915. Pour comprendre un ducat proposé à la vente, il faut séparer la date du dessin, le format de la pièce et la quantité d’or payée.
L’avers d’une refrappe de 1 ducat : François-Joseph Ier regarde vers la droite. Le portrait rappelle le modèle impérial repris par les émissions ultérieures.
CoinInvest GmbH / Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.01915 ne suffit pas à dater votre exemplaire
Sur le revers photographié, 1915 se lit au-dessus de l’aile gauche de l’aigle. Cette date est restée sur les refrappes officielles : la Monnaie autrichienne commercialise encore ce modèle. Une pièce nette, datée 1915, peut donc être une fabrication beaucoup plus récente.
Le mot refrappe désigne ici une nouvelle fabrication reprenant un ancien modèle. Pour une offre courante, la bonne question est de savoir si le vendeur décrit une refrappe ou revendique une émission ancienne particulière. Dans ce second cas, la date visible seule ne justifie pas le supplément demandé : il faut une identification documentée de l’exemplaire.
Le revers correspondant au même type de refrappe. La date 1915 est placée dans la légende, en haut à gauche ; elle ne donne pas l’année de fabrication de cet exemplaire.
CoinInvest GmbH / Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0Un petit disque, très riche en or
Le 1 ducat pèse environ 3,49 g pour 19,75 mm de diamètre. Son titre de 986 ‰ signifie que l’alliage contient 98,6 % d’or. Il apporte environ 3,44 g d’or fin : c’est cette dernière quantité qui sert à comparer son prix avec celui d’autres formats.
La photographie de face permet de lire le portrait et les lettres. Elle ne permet pas de juger si le disque est voilé. Pour examiner cet aspect, une vue de profil est plus utile qu’un agrandissement du portrait. Les illustrations de cette fiche montrent les deux faces ; elles ne documentent pas la tranche d’un exemplaire mis en vente.
1 ou 4 ducats : le diamètre peut tromper
| Format | Or fin annoncé par l’émetteur | Diamètre |
|---|---|---|
| 1 ducat | 3,44 g | 19,75 mm |
| 4 ducats | 13,77 g | 39,50 mm |
Le catalogue de la Monnaie autrichienne donne ces valeurs arrondies. Le grand format a deux fois le diamètre et environ quatre fois la quantité d’or. Présenter deux photos à la même largeur ferait disparaître cette différence d’échelle.
Quatre petits ducats peuvent être revendus séparément. Le 4 ducats réunit une quantité comparable dans une seule pièce. Pour choisir, on peut mettre côte à côte le coût livré des quatre petites pièces et celui de la grande, avec des états comparables.
Le portrait a survécu à l’Empire
François-Joseph Ier meurt en 1916. Pourtant, le portrait impérial continue de circuler sur les refrappes : PCGS situe une reprise de leur production en 1920, après la disparition de l’Empire austro-hongrois, puis une nouvelle reprise en 1950 après une interruption.
L’aigle à deux têtes et le portrait forment ainsi un dessin conservé au-delà du régime qui l’a fait naître. Cette continuité explique pourquoi l’apparence ancienne d’un ducat ne suffit pas à en faire une rareté historique. Les refrappes de la 20 francs Coq Marianne offrent un autre cas de date conservée, dans un contexte français différent.
Ce que coûtent dix euros de frais
Voici un exemple fictif : une livraison facturée 10 € pour un seul ducat ajoute environ 2,91 € par gramme d’or fin payé. Si les mêmes frais couvrent deux ducats, leur poids dans le calcul tombe à environ 1,45 € par gramme. Cela ne rend pas automatiquement un achat plus important préférable ; cela rend la comparaison plus lisible.
Le montant livré divisé par 3,44 donne le coût d’achat par gramme fin d’une pièce. La valeur métal affichée sur cette page fournit un repère séparé. Un prix de rachat reste une offre du professionnel concerné, avec ses propres conditions : il ne se déduit pas du seul prix de vente.
Les détails doivent être cohérents ensemble
Dans un cas examiné par NGC, un faux ducat associait un poids trop faible à une composition sans or et à des défauts du dessin. Cet exemple montre l’intérêt de croiser les mesures et l’examen visuel, plutôt que de décider à partir d’une seule lettre.
Une photographie de référence aide à situer les motifs. Pour l’objet réellement proposé, les vues de l’annonce, les mesures et, en cas de doute, l’examen par un professionnel apportent des informations complémentaires.
Questions fréquentes
Une refrappe est-elle une fausse pièce ?
Non. Une refrappe officielle reprend un modèle ancien sous l’autorité de l’émetteur. Une contrefaçon cherche à se faire passer pour une pièce authentique. Le mot « refrappe » dans une annonce n’est toutefois pas une preuve d’authenticité de l’objet vendu.
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