Reconnaître une pièce britannique
Souverain or : lire la pièce avant de comparer son prix
Un Souverain peut porter un portrait britannique et avoir été frappé au Canada ou en Inde. Les photographies ci-dessous montrent où chercher ces indices, puis comment distinguer le format et comprendre le prix demandé.
Un Souverain frappé à Bombay en 1918 : saint Georges au revers, George V au droit. La lettre I désigne l’atelier indien.
Snd3054 / Wikimedia Commons · CC0 1.0Ce que raconte le portrait
Sur cette photographie, la moustache, la barbe et la légende « GEORGIVS V » permettent de reconnaître George V. L’autre face apporte deux informations différentes : une date et, selon l’émission, une marque d’atelier. Le portrait seul ne donne donc pas l’identité complète de l’exemplaire.
Il ne donne pas non plus son format. Un Souverain entier et un demi-souverain peuvent se ressembler beaucoup sur des photos prises séparément. Une image agrandie à l’écran n’est pas une échelle de mesure : le poids et le diamètre annoncés restent nécessaires.
Le portrait de George V. Cette vue isolée ne suffit pas à lire l’année, l’atelier ni à mesurer la pièce.
Snd3054 / Wikimedia Commons · CC0 1.0Entier ou demi : deux formats à mesurer
| Format | Poids brut approché | Or fin approché | Diamètre |
|---|---|---|---|
| Souverain entier | 7,988 g | 7,3224 g | 22,05 mm |
| Demi-souverain | 3,994 g | 3,6612 g | 19,30 mm |
Ces formats sont en or de 22 carats, c’est-à-dire un alliage contenant environ 91,67 % d’or. Les mesures viennent de la Royal Mint. Le diamètre du demi-souverain n’est pas deux fois plus petit : c’est la quantité d’or qui est divisée par deux.
Deux demi-souverains permettent de revendre une partie de l’ensemble. Leurs prix additionnés, livraison comprise, indiquent ce que coûte cette possibilité par rapport à une pièce entière.
Un petit C pour une pièce canadienne
Le revers photographié porte la date 1911. Pour l’atelier, la petite lettre compte davantage que le pays du vendeur : C renvoie à Ottawa. Sur l’exemplaire de 1918 en haut de page, I renvoie à Bombay. La Royal Mint documente aussi M pour Melbourne, P pour Perth et S pour Sydney.
La présentation des ateliers par la Royal Mint situe ces marques sous le cheval. Sur une annonce, une photographie assez nette de cette zone peut donc résoudre une description imprécise. Les petites lettres B.P., lorsqu’elles figurent au revers, renvoient au graveur Benedetto Pistrucci ; elles ne désignent pas un atelier.
Une lettre peu familière ne suffit pas à établir une rareté. C’est l’association du type, de l’année, de l’atelier et de l’état qui doit correspondre à la référence invoquée par le vendeur.
Revers d’un exemplaire canadien daté 1911. La notice du photographe identifie la marque C ; cette photographie est distincte du Souverain indien montré en tête de page.
Snd3054 / Wikimedia Commons · CC0 1.0Pourquoi saint Georges revient sur tant de pièces
Le Souverain moderne apparaît en 1817, sous George III. Benedetto Pistrucci choisit saint Georges combattant le dragon pour son revers. Le même sujet traverse ensuite plusieurs règnes : reconnaître le cavalier n’est donc pas une façon de dater une pièce.
Les deux exemplaires montrés ici racontent aussi sa circulation au-delà du Royaume-Uni. Ils conservent le portrait du souverain britannique tout en portant les marques d’ateliers installés ailleurs.
Comparer le prix du métal et celui d’un exemplaire
Pour un Souverain entier, le prix livré divisé par 7,3224 g donne le coût par gramme d’or fin. Un prix unitaire supérieur à celui d’un Napoléon 20 francs ne signifie pas forcément que le supplément payé au-delà du métal est plus élevé : les quantités d’or diffèrent.
Exemple fictif : deux offres pour le même format présentent 20 € d’écart, tous frais inclus. Cet écart représente environ 2,73 € par gramme d’or fin. Le calcul mesure la différence ; il ne dit pas si un millésime ou un état de collection la justifie.
Une offre à date aléatoire répond surtout à une recherche de format et de prix. Pour une pièce choisie, les photographies et la référence exacte deviennent une partie essentielle de la comparaison.
Ce que les deux faces laissent encore hors champ
Une ancienne monture peut avoir laissé une trace sur le bord. Une vue de face flatteuse peut aussi rendre des rayures difficiles à voir. Une vue de tranche et un éclairage différent complètent donc utilement les deux faces d’une annonce.
La brillance après nettoyage n’est pas un certificat de conservation. Nos photographies servent à lire une pièce ; elles ne sont pas des étalons permettant d’authentifier à distance un autre exemplaire. Le guide consacré aux photos d’une annonce explique comment réunir les vues qui manquent.
Questions fréquentes
Une photo permet-elle de garantir l’authenticité d’un Souverain ?
Elle permet de lire des détails et de repérer certaines incohérences. Elle ne remplace pas l’examen de la pièce, de son poids et de ses dimensions. Un exemplaire inhabituel ou proposé avec une forte valeur de collection mérite un avis numismatique.
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