Pièce française en or
20 francs Coq Marianne : prix et refrappes Pinay
La date gravée sur une Coq Marianne n’est pas toujours celle de sa fabrication. Certaines pièces ont été refaites officiellement bien plus tard, avec une ancienne date. Elles gardent la même quantité d’or, mais leur histoire est différente.
20 francs portant 1907, musée Carnavalet, NM240. Cette vue permet de lire le millésime ; elle ne suffit pas à distinguer frappe d’origine et refrappe.
Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris · CC0 1.0 · Fichier du musée, sans retouche locale.Un Coq de 1907, vu des deux côtés
Sur l’exemplaire NM240 du musée Carnavalet, le coq occupe presque toute la face. La valeur est répartie de part et d’autre de ses pattes et 1907 se lit en dessous. De l’autre côté, Marianne porte un bonnet phrygien orné de chêne. La petite signature sous son cou renvoie au graveur Jules-Clément Chaplain.
Ces photos donnent un point de départ pour lire une annonce : reconnaître le dessin, trouver la date, puis demander ce que le vendeur garantit sur l’exemplaire livré. Elles ne tranchent pas la question des refrappes. Une pièce peut ressembler à celle-ci et porter le même millésime sans avoir été fabriquée au même moment.
La notice de Carnavalet documente cet objet précis. Pour votre achat, ce sont les photographies et la description de la pièce proposée qui comptent.
L’autre face de NM240 : Marianne et la signature de Chaplain. Les deux photos représentent le même exemplaire de musée.
Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris · CC0 1.0 · Fichier du musée, sans retouche locale.Une pièce datée de 1910 a-t-elle forcément été faite en 1910 ?
Non. Des Coq Marianne ont été fabriquées entre 1951 et 1960 avec des dates allant de 1907 à 1914. On les appelle couramment les « refrappes Pinay ». Une refrappe reprend le dessin et, dans ce cas, une date d’une émission plus ancienne.
Il s’agit de fabrications officielles. Le mot « refrappe » ne signifie donc pas, à lui seul, fausse pièce. En revanche, le millésime, c’est-à-dire l’année gravée, ne suffit pas à prouver qu’un exemplaire a été fabriqué avant la Première Guerre mondiale. L’étude publiée dans le Bulletin numismatique n° 246 détaille cette distinction et les limites d’une identification fondée seulement sur la couleur ou l’aspect neuf.
Pour quelqu’un qui achète surtout la quantité d’or, une refrappe contient autant d’or qu’une frappe d’origine à poids et proportion d’or identiques. Pour quelqu’un qui recherche précisément une pièce d’époque, l’année réelle de fabrication fait partie de l’achat.
Le détail à lire sur le bord
Le bord de la pièce s’appelle la tranche. Il porte une inscription que les photos de face ne montrent pas.
| Dates gravées sur la série | Inscription de tranche | Ce qu’elle permet de distinguer |
|---|---|---|
| 1899 à 1906 | « Dieu protège la France » | La première série de Coq Marianne |
| 1907 à 1914 | « Liberté Égalité Fraternité » | La série qui comprend aussi les millésimes repris pour les frappes Pinay |
La seconde inscription ne prouve donc pas que la pièce est une refrappe : elle se trouve aussi sur les frappes d’origine de ces années. Une photographie lisible de la tranche aide à identifier la série, sans donner à elle seule une date de fabrication certaine. Le dossier sur les vérifications possibles à partir de photos explique le rôle de chaque vue.
Sur les faces, les repères sont plus simples : Marianne porte un bonnet phrygien et le coq occupe l’autre côté. La notice de la Monnaie de Paris présente ce dessin de Jules-Clément Chaplain.
« Millésime au choix » et « millésime selon stock »
Ces deux offres ne rendent pas le même service. Dans la première, vous choisissez une date. Dans la seconde, le vendeur la choisit parmi les pièces disponibles. Et même une date choisie ne garantit pas une frappe d’époque, si cette précision manque.
Par exemple, une offre fictive « Coq Marianne 1910 » promet une pièce portant 1910. Elle ne dit pas encore si le vendeur a identifié une frappe d’origine ou une refrappe. Si le prix plus élevé est présenté comme celui d’une pièce d’époque, l’explication de cette identification et les photos de l’exemplaire deviennent utiles.
Les expressions « très belle », « ancienne » ou « rare » ne remplacent pas cette information. L’état, la date et l’origine de la frappe sont trois sujets distincts.
Ce que vous payez en plus de l’or
La pièce pèse 6,4516 g, dont 90 % d’or, soit 5,80644 g d’or fin. Sa valeur métal se calcule avec ce dernier poids. Le prix de vente peut s’en écarter selon l’offre, l’état et les frais.
Avec des prix fictifs, une Coq à 610 € plus 15 € de port revient à 625 €. Une autre à 620 € avec livraison comprise revient à 620 €. La seconde coûte ici 5 € de moins, à condition que les descriptions et l’état promis soient comparables.
Le Napoléon 20 francs et le 20 francs Génie offrent d’autres points de comparaison pour la même quantité d’or. L’histoire de l’Union latine explique aussi pourquoi certaines pièces suisses et italiennes ont un poids si proche. Leur prix ne donne pas pour autant la valeur de collection d’une Coq précise.
Avant une estimation, une pièce n’a pas besoin de retrouver son éclat : un nettoyage peut laisser des traces que le professionnel prendra ensuite en compte.
Les offres sont disponibles dans le comparateur Bullion Sniper.
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